lundi 6 juillet 2015

Venue du Docteur Milind Sathe en août

J'aurai le plaisir de recevoir en août le Docteur Milind Sathe, médecin ayurvédique à Pune en Inde, qui collabore depuis plusieurs années avec des praticiens en Allemagne. Il proposera pour la première fois en France des consultations individuelles pendant lesquelles il pourra vous faire profiter à la fois de sa profonde connaissance de la science ayurvédique (et de ses remèdes) et de son expérience auprès des patients occidentaux.

Les consultations, d'une durée d'environ 45 minutes, auront lieu en anglais, mais je serai présent pour assurer la traduction.

Dates : les 14, 15 et 16 août à partir de 19 h
Lieu : 10 rue Victor Méric - 92110 Clichy (métro Mairie de Clichy - ligne 13)
Tarif : 80 € (65 € si vous prenez rendez-vous avant le 1er août)

vendredi 5 juin 2015

Comprendre l'Āyurveda : les dhātu

Selon l’Āyurveda, le corps humain est composé de sept dhātu (de la racine sanskrite « dhā » qui signifie « soutenir »). Ces sept tissus vitaux de base sont responsables de toute la structure du corps. Ils entretiennent les fonctions des différents systèmes organiques et parties vitales du corps.
Ces dhātu forment une partie du mécanisme biologique de protection. Avec l’aide d’agni, ils sont en charge du mécanisme immunitaire. Lorsqu’un dhātu est défectueux, il affecte le dhātu suivant, chacun recevant sa nourriture du dhātu précédent.

Voici les sept dhātu dans leur ordre successif :
  1. Rasa (plasma ou chyle) : il contient les nutriments de la nourriture digérée et nourrit tous les tissus, organes et systèmes.
  2. Rakta (sang) : il gouverne l’oxygénation de tous les tissus et organes vitaux pour maintenir la vie.
  3. Māṁsa (muscles) : il couvre les organes vitaux, engendre le mouvement des articulations et maintient la force physique.
  4. Medas (graisses) : il maintient la lubrification et l’onctuosité de tous les tissus.
  5. Asthi (os) : il maintient la structure physique du corps.
  6. Majjā (moelle et nerfs) : il remplit les espaces osseux et transporte les impulsions motrices et sensorielles.
  7. Śukra (tissu reproducteur) : il est responsable de la reproduction.
Les sept dhātu sont appréhendés comme un ordre naturel et biologique de manifestation. L’après-digestion de la nourriture, appelée āhāra rasa (de āhāra, la « nourriture » et rasa, le « suc ») ou plasma nutritif, contient l’alimentation de tous les tissus. Ce « plasma nutritif » est transformé avec l’aide de la chaleur, appelée dhātvagni, dans chaque dhātu afin de le former et de produire la nourriture nécessaire au dhātu suivant (il existe ainsi sept dhātvagni, un pour chaque dhātu : rasāgni, raktāgni…). Rasa est transformé en rakta, qui se manifeste ensuite en māṁsa, etc.
Les dhātu sont nourris et formés de façon à maintenir les fonctions physiologiques normales des différents tissus, organes et systèmes.
Lors de sa formation sous l'action de son dhātvagni spécifique, chacun des sept dhātu produit un ou plusieurs tissu(s) secondaire(s) (upadhātu) et des déchets (mala). Il est également relié à un organe spécifique et à un doṣa. Tout cela est présenté dans le tableau suivant.



Ojas


À la fin de ce processus de métabolisation des dhātu, il reste encore une substance très subtile appelée ojas. Il s'agit d'une forme supérieure et bénéfique de kapha. Ojas est considéré comme l'élixir de vie, l'essence de tous les tissus. Il est le principal facteur d'endurance et d'immunité physique et mentale. Selon l'un des principaux traités d'Āyurveda, la Caraka Saṁhitā, huit gouttes d'une forme particulière d'ojas sont présentes dans le cœur de chaque être humain dès sa naissance et correspondent à son immunité primordiale.

Afin qu'ojas soit produit en quantité suffisante, il est donc indispensable d'avoir une alimentation de qualité (et notamment d'ingérer une nourriture sāttvique et nutritive) et un feu digestif équilibré (samāgni). Certaines plantes ayurvédiques comme l'āmalakī (Emblica officinalis) ou l'aśvagandhā (Withania somnifera) permettent aussi de produire de l'ojas. Enfin, le contrôle de l'énergie sexuelle (brahmacarya : réduction de l'activité sexuelle ou rapports sexuels sans éjaculation), le contrôle des sens (pratyāhāra : réduction de l'énergie perdue dans les plaisirs sensoriels, en particulier par les yeux et les oreilles, grâce notamment, quand cela est possible, au contrôle de la qualité des impressions sensorielles qui nous parviennent), la dévotion (bhakti yoga : orientation vers l'intérieur de notre énergie émotionnelle à travers l'amour de Dieu) et la méditation (conscience sans pensée) sont également des grands facteurs de développement d'ojas.

samedi 23 mai 2015

Cuisine et santé : Rava laddu

Les laddus (ou laddoos) sont des gourmandises en forme de boule très prisées dans tout le sous-continent indien. Il en existe une une très grande variété. La version que je vous propose est faite avec du rava, une semoule très fine très populaire en Inde. Elle m'a été transmise par Sumaija Asghar, une spécialiste de la cuisine du Malabar.

Comme ils sont assez riches en sucre et en graisse, les rava laddus conviennent mieux aux personnes vāta (ou pitta) qu'aux personnes kapha, et sont de toute façon à consommer sans excès.

Ingrédients

  • 1 tasse de semoule de blé fine
  • 1/3 de tasse de noix de coco râpée (fraîche si possible)
  • 1/4 de tasse de ghee
  • 3/4 de tasse de sucre de canne roux (jaggery, si possible)
  • 2 cuillerées à soupe de noix de cajou entières ou grossièrement concassées
  • 1 cuillerée à café de raisins secs
  • 1/2 de cuillerée à café de cardamome en poudre

Préparation


Faire chauffer une cuillerée à soupe de ghee à feu moyen dans une casserole. Faire revenir les noix de cajou pendant environ 2 minutes jusqu'à ce qu'elles soient bien dorée, puis ajouter les raisins secs et faire revenir le tout pendant une minute, jusqu'à ce que les raisins secs gonflent. Déposer les noix de cajou et les raisins secs dans un bol et réserver.

Ajouter le restant de ghee, et quand il est chaud, verser la semoule et la faire revenir pendant environ 6 à 7 minutes, jusqu'à ce qu'elle change légèrement de couleur. Veiller à bien remuer sans s'arrêter afin que la semoule colore de façon uniforme. Ajouter la noix de coco râpée et faire revenir pendant encore 2 minutes sans cesser de remuer. Ajouter les noix de cajou, les raisins secs, la cardamome et le sucre, bien remuer, puis éteindre le feu. Ajouter environ 2 cuillerées à soupe d'eau chaude* et bien remuer.

Laisser le tout refroidir légèrement. Pour chaque laddu, prélever l'équivalent d'une cuillerée à soupe et demie de préparation et la faire rouler entre ses mains de manière à former une boule un peu plus petite qu'une balle de tennis. Vous pourrez ainsi réaliser environ 14 pièces.

Attendre au moins une heure avant de servir.
Les laddus peuvent se garder dans un récipient hermétique pendant environ 10 jours.

* La quantité exacte d'eau est à évaluer en fonction de la consistance de la préparation, qui, si elle est trop sèche ou trop humide, sera difficile voire impossible à modeler. Il est donc préférable d'ajouter l'eau petit à petit et de faire des essais avant qu'il y en ait trop et que la pâte devienne collante. Ne vous inquiétez pas malgré tout si cela arrive, vos laddus seront très bons, mais ils auront simplement une fâcheuse tendance à s'affaisser...

mercredi 7 janvier 2015

Comment se remettre des excès après les fêtes ?

Comme beaucoup de Français, vous avez peut-être un peu trop abusé des plaisirs de la table pendant les fêtes de fin d'année, et à l'aube de cette nouvelle année vous vous sentez lourd(e) et avez peur d'avoir pris du poids... Un excès de nourritures trop riches peut en effet perturber votre digestion et créer de l'ama.
Vous trouverez dans cet article quelques conseils pour vous aider à éliminer cet ama récemment emmagasiné.

Le premier conseil est évidemment de bouger, autrement dit d'avoir une activité physique qui permette au corps d'éliminer les toxines et les graisses superflues accumulées lors de vos agapes. Mais il existe également des aliments, des plantes et des soins qui peuvent aider le corps à se débarrasser de tous ces éléments indésirables. En voici quelques uns.

Alimentation


Les aliments ci-dessous sont réputés pour leur action nettoyante sur l'organisme et leur capacité à éliminer les toxines (ama) accumulées dans les tissus.
  • Jus de citron (jaune ou vert) : c'est l'un des plus grands détoxifiants de l'organisme, que l'on peut prendre avec de l'eau tiède et un peu de miel d'acacia, tout au long de l'année le matin à jeun pour maintenir l'organisme propre ou plusieurs fois dans la journée (avec éventuellement un peu de gingembre en poudre) en cas d'indigestion. Le jus de citron est toutefois déconseillé aux personnes ayant des problèmes d'hyperacidité gastrique.
  • Lassi : il permet de nettoyer le système digestif et de stimuler l'agni (le feu digestif).
  • Eau chaude : il est important de s'hydrater suffisamment pour permettre au corps d'éliminer déchets et toxines. L'Āyurveda recommande de boire de l'eau chaude ou tiède tout au long de la journée, afin de nettoyer l'organisme en douceur. Pour ce faire, on choisira plutôt une eau faiblement minéralisée (Volvic, Mont Roucous, Rosée de la Reine, Montcalm, eau du robinet filtrée).
  • Tisanes : elles permettent de combiner l'effet de l'eau chaude et des plantes dépuratives. Vous pouvez faire vos propres mélanges en utilisant les épices ci-dessous (en particulier le gingembre, le cumin et la cardamome) ou bien utiliser des mélanges tout faits comme ceux de Terre d'arômes (Kerala, Dépur'activ) ou de Yogi Tea (Detox, Detox au citron, Gingembre, Gingembre citron), que l'on trouve en magasins bio et en épiceries indiennes.
  • Jus de grenade : il améliore la digestion et l'assimilation, stimule le foie et la rate et protège le cœur. Il peut remplacer le jus de citron pour les personnes pour lesquelles ce dernier est contre-indiqué.
  • Jus de pomme ou de raisin : l'un ou l'autre de ces jus (accompagné d'une cuillère à café de miel d'acacia et d'une pincée de sel de roche par verre) peut être utilisé pour réaliser une diète liquide d'une journée afin de nettoyer l'organisme, éliminer l'ama et stimuler l'agni.
  • Miel : il est à la fois tonique, nutritif et nettoyant. C'est le meilleur édulcorant pour kapha. Attention toutefois de ne pas en abuser et de ne pas le chauffer à plus de 40°C, température au-dessus de laquelle il perd ses propriété médicinales.
  • Légumes verts : cuits à la vapeur, ils sont très bons pour nettoyer les canaux du corps (srotas), notamment grâce à leur qualité légère et à leur saveur amère.
  • Mung dal (moong dal) : il s'agit d'un plat réalisé à base de haricots mungo (appelés également soja vert) décortiqués, trempés pendant au moins une heure puis cuits dans 3 à 4 volumes d'eau (non salée) avec des épices - vous pouvez utiliser celles présentées ci-dessous - pendant environ 45 minutes, jusqu'à obtention d'une sorte de purée, à laquelle on ajoute un peu de sel (de roche) et de ghee (ou à défaut d'huile d'olive) au moment de servir. Le mung dal aide le corps à éliminer acides et toxines.
  • Gingembre : il est très utile pour combattre l'indigestion, détruire l'ama et lutter contre les nausées et les vomissements.
  • Curcumail améliore la digestion en corrigeant à la fois les excès et les déficiences. Il contribue à purifier les aliments auxquels il est associé, stimule la flore intestinale, a un effet dépuratif et protecteur sur le foie et le sang, et aide à dissoudre les toxines (ama).
  • Cumin : il est carminatif et stimule efficacement les différents agni sans être agressif.
  • Clou de girofle : il augmente puissamment le feu digestif (agni). Attention, il est contre-indiqué en cas de pitta élevé.
  • Cardamome : elle stimule le feu digestif (agnisans trop augmenter pitta, anime et tonifie la rate, élimine l'excès de mucus (kapha) dans l'estomac, expulse les gaz intestinaux et réduit les ballonnements.
  • Cannelleelle stimule le feu digestif (agni), permettant ainsi de brûler l'ama et de lutter contre l'indigestion.
  • Asa fœtida : c'est un fort stimulant de l'agni qui élimine les gaz intestinaux ainsi que l'ama en cas d'indigestion chronique et de consommation excessive de viande et de nourriture de mauvaise qualité. Cette épice, que vous trouverez dans les épiceries indiennes, est très chaude ; il faut donc l'employer en très petite quantité et éviter de la consommer en cas de pitta aggravé ou de constitution pitta forte.
  • Ail : c'est un nettoyant puissant du sang et du système lymphatique qui favorise la digestion et l'assimilation. À éviter toutefois en cas de pitta élevé.
  • Poivre noir : il est carminatif et stimule l'agni, ce qui permet de brûler l'ama dans le côlon. Il est difficilement toléré par les pitta forts et est déconseillé en cas d'inflammation du système digestif et d'hémorroïdes.


Phytothérapie


Voici à présent quelques plantes ou formules composées ayurvédiques assez facilement disponibles en France, qui ont une action purifiante et nettoyante sur l'organisme.

  • Aloe vera : le jus ou le gel d'Aloe vera permet de nettoyer et d'assainir le système digestif, et de régulariser le métabolisme du sucre et de la graisse.
  • Guggul ou guggulu (Commiphora mukul) : il réduit les graisses et les toxines, et diminue les taux de cholestérol total, de « mauvais » cholestérol (LDL) et de triglycérides.
  • Triphala (Emblica officinalis, Terminalia belerica, Terminalia chebula) : ce mélange de trois (tri) fruits (phala) est l'un des remèdes ayurvédiques les plus utilisés. Il assainit l’appareil digestif, régule le transit intestinal, aide à l’élimination et purifie le sang.
  • Triphala guggul (Commiphora mukul, Emblica officinalis, Terminalia belerica, Terminalia chebula, Piper longum) : cette formulation ayurvédique combine les actions du guggul et du triphala pour une efficacité renforcée.
  • Trikatu (Piper longum, Piper nigrum, Zingiber officinale) : ce mélange de trois (tri) piquants (kaṭu) - poivre long, poivre noir et gingembre - régénère l'agni quand celui-ci est trop faible et aide ainsi à brûler l'ama et les toxines accumulées dans le système digestif. Attention toutefois, tout comme le poivre noir, ce remède est déconseillé en cas de pitta fort, d'inflammation du système digestif et d'hémorroïdes.

Soins ayurvédiques


Certains soins ayurvédiques sont faits pour aider à redonner de l'énergie et à éliminer toxines et graisses en excès. Parmi eux, il y a notamment les soins suivants, que l'on peut associer pour encore plus d'efficacité.
  • Viśeṣa : c'est un massage tonique et vigoureux du corps à l'huile tiède, qui dure environ 45 minutes. Il a un effet drainant et décongestionnant sur les systèmes sanguin et lymphatique, ce qui le rend particulièrement bénéfique pour réduire les excès de kapha (personnes en surpoids, manquant de vitalité) et remédier aux baisses d'énergie saisonnières.
  • Gharṣaṇa : ce soin d'environ 15 minutes consiste en une friction vigoureuse de tout le corps réalisée à sec à l'aide de gants en soie sauvage. Le frottement des gants sur la peau permet de l'exfolier en douceur et d'augmenter la circulation dans tous les canaux du corps, ce qui contribue à l'élimination des déchets non seulement de la peau, mais aussi du corps tout entier. Les mouvements suivent le tracé du système lymphatique, permettant une action décongestionnante et drainante.


samedi 3 janvier 2015

Bonne année


Je vous souhaite une très bonne et heureuse année 2015.
J'espère qu'elle vous conduira sur la voie
du bien-être, de l'équilibre et de la sérénité.

mercredi 10 décembre 2014

Cuisine et santé : Āyurveda et végétarisme

Alors que deux livres sur la cause animale ont récemment fait parler d'eux [1] et que de plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer les conséquences désastreuses de la surconsommation de viande observée dans les pays occidentaux sur la santé des êtres humains et de la planète, il m'a semblé intéressant de vous présenter la vision de l'Āyurveda sur le sujet et, au-delà, de vous donner quelques clés qui vous permettront de choisir en conscience de changer ou non vos habitudes alimentaires.

Āyurveda et produits carnés


Contrairement au Yoga, qui prône un régime alimentaire exclusivement sāttvique [2], excluant donc les produits d'origine animale (à l'exception du lait et des produits de la ruche), l'Āyurveda ne fait pas du végétarisme un passage obligé pour toutes celles et tous ceux qui voudraient suivre ses préceptes. La viande peut même être recommandée dans certains cas (asthénie, convalescence). Cela dit, tous les centres ayurvédiques sérieux offrent une nourriture exclusivement végétarienne (la viande et le poisson étant fortement déconseillés en période de cure) et l'Āyurveda conseille de diminuer au maximum la consommation de produits carnés.

L'une des raisons de cette recommandation est bien sûr, comme pour le Yoga, liée à la spiritualité : compassion pour les animaux, karma négatif lié au fait de manger de la chair morte, qualités rājasique et tāmasique [2] de la viande et du poisson qui entravent la réalisation spirituelle. Mais, partant du principe que tout ce qui se passe au niveau mental et émotionnel a des répercussions sur le plan physique (et vice versa, bien sûr), l'Āyurveda avance aussi que la peur et la souffrance ressenties par l'animal au moment de son abattage [3] laissent des traces au niveau cellulaire, faisant ainsi de sa chair une mauvaise « matière première » pour la construction et le maintien en bonne santé du corps de celui qui la consomme, car elle est chargée d'informations négatives qui risquent d'engendrer divers troubles.

Le produit animal le plus déconseillé par l'Āyurveda est sans conteste la viande rouge (viande bovine mais aussi porcine). Celle-ci, très tāmasique [2], est en effet très difficile à digérer et produit énormément d'ama [4]. Il convient donc d'en consommer avec beaucoup de modération, de préférence cuite, et si possible avec du poivre noir, des clous de girofle et/ou du gingembre en poudre, qui vont atténuer ses effets nocifs.

Si on tient absolument à manger de la viande régulièrement, mieux vaut alors se tourner vers les volailles (poulet, dinde, éventuellement canard), qui sont plus faciles à digérer et peuvent être utiles, en particulier sous forme de soupes, en cas d'asthénie et de convalescence.

Le poisson, quant à lui, est plus léger que la viande et ne crée donc pas autant de lourdeur pour le système. Cela dit, il n'est pas très conseillé pour les personnes qui ont beaucoup de pitta [5]. Ces dernières préféreront les poissons d'eau douce qui, étant moins salés, augmentent moins pitta. Le jus de citron, le lait de coco et la coriandre permettent de minimiser les effets négatifs du poisson.

Les œufs, enfin, sont considérés comme moins tāmasiques [2] que la viande ou le poisson étant donné qu'ils ne nécessitent pas de tuer un animal vivant. Cela dit, s'ils sont bons pour vāta [5] en petite quantité en raison de leurs qualités toniques et nutritives, ils sont lourds à digérer, augmentent pitta [5] et sont particulièrement contre-indiqués en cas de problèmes hépatiques. Le poivre noir, le curcuma et éventuellement les oignons agissent comme « antidotes » contre les effets indésirables des œufs.

Végétarisme et santé


On l'a vu, bien que reconnaissant leur utilité dans certains cas, l'Āyurveda conseille, pour rester en bonne santé, de consommer les produits carnés avec modération, voire de s'en passer carrément. Des études scientifiques ont également mis en évidence les bienfaits pour la santé d'un régime végétarien. Ainsi, selon l'Association Végétarienne de France« la recherche a montré que les végétariens sont moins susceptibles de souffrir d’obésité, de maladies cardio-vasculaires, d’hypertension artérielle, de diabète (type 2), d’hypercholestérolémie, de certains cancers (côlon, prostate), de maladies du côlon (diverticulites), de polyarthrite rhumatoïde, d’ostéoporose, de constipation et de calculs biliaires. À quoi l’on peut ajouter une présomption d’effet bénéfique pour le cancer du sein, la fibromyalgie et la dermatite atopique. [6] »

Végétarisme et pouvoir d'achat


En ces temps de crise économique, il est de plus en plus difficile d'avoir les moyens de se nourrir correctement. La viande et le poisson, qui sont les principales sources de protéines de la plupart des Occidentaux, deviennent presque des produits de luxe, et on est souvent contraint, pour continuer à en manger quotidiennement, d'acheter des produits de mauvaise qualité issus de l'industrie agro-alimentaire.

Les aliments riches en protéines végétales, quant à eux, sont bien meilleur marché. Une alimentation à dominante végétale permet donc, tout en ayant les apports nutritionnels nécessaires à une bonne santé, de faire de réelles économies... ou d'en profiter, à budget égal, pour acheter des denrées de meilleure qualité, en s'approvisionnant par exemple dans un magasin bio plutôt qu'au supermarché !

La question environnementale


Face à la dégradation croissante de notre planète, il est important aujourd'hui d'intégrer la question environnementale dans nos choix de vie. Or, l'élevage, qui consomme d'énormes quantités de ressources naturelles, est également responsable d'une part importante de la pollution de l'air et de l'eau.
Vous trouverez ci-dessous quelques chiffres, pour la plupart issus du site internet de l'Association Végétarienne de France, qui vous feront peut-être réfléchir et vous permettront de choisir votre mode d'alimentation en toute connaissance de cause :

  • D'après une publication de la FAO [7], l'élevage serait responsable de 18 % des émissions de gaz à effet de serre (plus que les transports).
  • Selon Greenpeace [8], l'élevage serait responsable de 80 % de la déforestation amazonienne (une partie importante des 20 % restants étant utilisée pour cultiver des plantes comme le soja qui servent à nourrir le bétail... européen).
  • En Bretagne, la situation catastrophique des nappes phréatiques est directement liée à la très grande concentration d’élevages de porcs.
  • Pour produire 1 calorie animale, il faut produire en moyenne 7 calories végétales.
  • 7 kg de céréales sont nécessaires pour produire 1 kg de bœuf, 4 pour le porc et 2 pour la volaille.
  • Il faut en moyenne 1300 litres d’eau pour produire 1 kg de blé, et 900 litres pour 1 kg de maïs. Pour produire 1 kg de viande de poulet, on passe à 4000 litres, et à 15500 litres pour 1 kg de viande de bœuf !
  • Tandis que le coût en eau d’un menu européen « classique » est d’environ 12000 litres, le coût d’un menu végétarien aux qualités nutritives équivalentes n’est que de 3500 litres, ce qui représente une économie d’environ 70 %.
  • Selon la FAO, plus de 80 % des « stocks de poissons » sont en état de pleine exploitation ou de surexploitation. Certains chercheurs prédisent ainsi la disparition des espèces les plus couramment pêchées pour le milieu de ce siècle.
  • Quant à l'aquaculture, si à première vue elle pourrait apparaître comme une solution face à l'épuisement des ressources halieutiques, elle contribue en fait également à la diminution des populations de poissons sauvages, lesquels sont pêchés en grande quantité pour fabriquer les farines qui servent à nourrir les poissons d'élevage. Ainsi, il faut par exemple au moins 10 kg de poissons sauvages pour obtenir 1 kg de thon rouge ou de saumon ! Et ce n'est là qu'une des facettes de cette fausse bonne idée : quid des tonnes de déjections qui se retrouvent entassées sur des surfaces réduites, et des tonnes de produits chimiques et d'antibiotiques, qui sont utilisés pour faire croître ou pour simplement maintenir en vie ces poissons élevés dans des univers concentrationnaires propices aux épidémies, et dont une part non négligeable se retrouve ensuite dans les océans ?

Solidarité Nord-Sud


Selon le Programme Alimentaire Mondial« aujourd’hui, 805 millions de personnes souffrent de faim chronique dans le monde. Cela représente une personne sur neuf qui ne mange pas à sa faim et ne reçoit pas la nourriture dont elle a besoin pour mener une vie saine et active. La faim et la malnutrition constituent le risque sanitaire mondial le plus important - plus que le SIDA, le paludisme et la tuberculose réunis. [9] » Il y a bien sûr plusieurs facteurs qui expliquent cette situation, comme par exemple des problèmes liés aux aléas du climat (sécheresse, inondation...), l'accaparement des richesses par des pouvoirs corrompus insensibles à la détresse de leur peuple ou une mauvaise gestion des stocks de nourriture. Mais l'élevage, surtout destiné à nourrir les populations des pays du Nord, en fait aussi partie, notamment dans certains pays du Sud où les dirigeants, sous la pression d'institutions internationales comme le FMI et la Banque mondiale, ont favorisé la culture intensive de denrées agricoles d'exportation servant à engraisser le bétail des pays du Nord au détriment des cultures vivrières locales. 

Il y a d'énormes disparités dans la répartition géographique de la consommation de viande. En effet, bien que les États-Unis, l'Union européenne, la Chine et le Brésil ne représentent environ qu'un tiers de la population mondiale, leurs habitants consomment 60 % du bœuf, 70 % de la volaille et 80 % du porc produits dans le monde. Cela dit, au vu des conséquences désastreuses de l'élevage à grande échelle sur l'environnement et de la forte croissance de la population mondiale [10], il paraît illusoire de vouloir nourrir toute la planète selon le modèle alimentaire occidental actuel qui, on l'a vu, pose de toute façon un certain nombre de problèmes en matière de santé.

Rappelons qu'il faut en moyenne 7 calories végétales pour produire une calorie animale. On estime ainsi que vingt végétariens peuvent être nourris grâce à la superficie agricole nécessaire pour nourrir une personne avec un régime alimentaire carné. De modestes réductions de la production  - et donc de la consommation - de viande pourraient rendre disponibles de grandes quantités de nourriture pour la population humaine.  Par exemple, si 10 % des 670 millions de tonnes de céréales utilisées annuellement pour nourrir le bétail étaient dévolus à l'alimentation humaine, cela permettrait de nourrir 225 millions de personnes [11]. Ainsi, l'éradication de la faim et une plus juste répartition des denrées alimentaires à l'échelle mondiale ne pourront sans doute pas se faire sans une réduction de la consommation de produits de carnés de la part des habitants des pays les plus riches.

Devenir végétarien


Si ce tous ces arguments vous ont convaincu de supprimer certains produits d'origine animale de votre alimentation, sachez que devenir végétarien nécessite quelques ajustements dans sa façon de s'alimenter. En effet, il ne suffit pas de supprimer viandes et poissons pour obtenir un régime végétarien équilibré.

La question centrale est celle des protéines, celles d'origine végétale étant souvent considérées par les nutritionnistes comme de moins bonne qualité que les protéines animales. En réalité, c'est à la fois vrai et faux. Pour bien comprendre, il faut savoir que les protéines sont des assemblages complexes de molécules plus simples, les acides animés. L'être humain adulte est incapable de synthétiser huit de ces acides aminés, qu'il doit donc absolument trouver dans sa nourriture. Les protéines animales contiennent l'ensemble de ces acides animés dans des proportions proches des besoins de notre organisme, d'où l'idée de protéines « de bonne qualité », tandis que la plupart des végétaux sont pauvres en un ou deux de ces acides aminés essentiels. Or, au cours d'un même repas, il suffit qu'un seul d'entre eux manque ou soit en quantité insuffisante pour bloquer l'assimilation de tous les autres. Heureusement, il existe une solution exclusivement végétale à ce problème : l'association céréales (pauvres en lysine mais riches en cystine et en méthionine) et légumineuses (pauvres en cystine et en méthionine mais riches en lysine). D'ailleurs, nos ancêtres avaient compris intuitivement l'intérêt de ce genre d'association, qu'on retrouve dans les cultures culinaires traditionnelles des quatre coins du monde : riz et soja au Japon, riz et lentilles en Inde, blé et pois chiches ou fèves dans le bassin méditerranéen, blé et haricots ou pois cassés dans toute l'Europe, maïs et haricots en Amérique latine... Un repas végétarien équilibré comportera donc des légumes, des céréales (riz, blé, petit épeautre, quinoa, avoine, orge, seigle, maïs, sarrasin, millet, fonio...) et des légumineuses (soja, haricots mungo ou soja vert, haricots blancs, haricots rouges, fèves, lentilles, pois chiches, pois cassés, azukis...).

L'autre question, cruciale pour les végétaliens mais aussi pour les végétariens qui consomment peu de lait ou d’œufs, est celle de la vitamine B12. En effet, cette vitamine, dont une carence peut provoquer une anémie et des troubles neurologiques, ne se trouve que dans les produits d'origine animale. Pour prévenir tout déficit de vitamine B12, il est donc recommandé de se supplémenter grâce à des aliments enrichis en vitamine B12 ou à des compléments alimentaires que l'on peut trouver en pharmacie ou en magasin bio.

Vous trouverez ci-dessous quelques sites internet et livres qui vous aideront à acquérir de nouvelles habitudes alimentaires :

  • Association Végétarienne de France : vous trouverez sur son site internet, entre autres, un guide (gratuit) du végétarien débutant, des recettes, un annuaire des restaurants végétariens...
  • Lili's kitchen : un très bon blog (en français) de recette végétaliennes.
  • Ma cuisine végétarienne pour tous les jours de Garance Leureux (éditions La Plage) : une initiation complète à la cuisine végétarienne.
  • Recettes végétariennes de l'Inde de Kiran Vyas (éditions La Plage) : une petite introduction à la cuisine ayurvédique à travers une centaines de recettes essentiellement originaires du Gujarat.
  • Fabuleuses légumineuses de Claude Aubert (éditions Terre Vivante) : un livre indispensable pour tout savoir sur les légumineuses et pour apprendre à les cuisiner au travers de 140 recettes traditionnelles.
  • Le Manuel de cuisine alternative de Gilles Daveau (éditions Actes Sud) : un ouvrage qui explique pourquoi et comment se nourrir autrement et qui, sans prôner un régime végétarien, invite à revaloriser les protéines végétales.
  • Fêtes végétariennes au quotidien, le dernier hors-série du magazine Kaizen : vous y trouverez, entre autres, des recettes pour un Noël végétarien qui régalera tout le monde !

En guise de conclusion


Les données que vous avez pu découvrir tout au long de cet article montrent que notre façon de nous alimenter a une influence non négligeable non seulement sur notre propre santé mais aussi sur divers domaines auxquels nous ne pensons pas forcément comme l'environnement (qualité de l'air et de l'eau, gestion de l'eau potable), la faim dans le monde et les relations Nord-Sud. Face à tous ces enjeux, de plus en plus de voix prédisent que, de gré ou de force, l'humanité devra se tourner vers une alimentation plus ou moins végétarienne dans les décennies à venir.

Cela dit, nous n'en sommes pas encore là et mon but, à travers cet article, n'est pas de vous convertir absolument au végétarisme, mais plutôt de vous faire réfléchir sur vos habitudes alimentaires, que vous pourrez ensuite, en conscience, décider de modifier... ou non. En effet, s'il est relativement facile de diminuer sa consommation de produits d'origine animale, devenir végétarien doit résulter d'un véritable choix personnel et ne doit aucunement être vécu comme une contrainte. Alors, si vous ne pouvez pas vous passer de viande ou de poisson, essayez déjà d'en manger moins et moins souvent, et profitez-en pour acheter des aliments de qualité, qui vous font vraiment envie, et que les économies réalisées par la diminution de votre consommation de produits carnés vous permettront de vous offrir. Enfin, ayez toujours à l'esprit que, quel que soit le mode d'alimentation que l'on choisit, il est très important de ne pas oublier de se faire plaisir, car ça aussi, c'est bon pour la santé !


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[1] Il s'agit de Plaidoyer pour les animaux de Matthieu Ricard (Allary Éditions) et de L'animal est une personne de Franz-Olivier Giesbert (Fayard).
[2] Voir l'article sur les trois guṇa.
[3] Sans parler de la souffrance ressentie quotidiennement par les animaux dans les grands élevages industriels où ils sont traités de façon indigne, comme de vulgaires marchandises.
[4] Voir l'article sur la digestion.
[5] Voir l'article sur les doṣa.
[6] http://www.vegetarisme.fr/pourquoi-etre-vegetarien/sante
[7] Lifestock's long shadow, 2006 (p. 112) / L'ombre portée de l'élevage, 2009 (p. 125).
[8] Amazon Cattle Footprint, Mato Grosso: State of Destruction, janvier 2009.
[9] http://fr.wfp.org/faim
[10] D'après l'ONU, la population mondiale devrait atteindre 9,6 milliards en 2050.
[11] Sauf mention contraire, les chiffres de cette partie sont tirés du livre Annapurna's prasad de Nibodhi (Mata Amritanandamayi Mission Trust).

lundi 1 décembre 2014

Un visage rayonnant pour les fêtes de fin d'année

Vous comptez peut-être vous mettre sur votre trente-et-un pour l'un ou l'autre des réveillons et vous avez acheté pour cela de beaux habits. Mais avez-vous pensé à votre visage peut-être terni par la pollution, le stress et le froid ?
Afin de vous permettre d'avoir un visage rayonnant pour les fêtes de fin d'année, je vous propose ce mois-ci une promotion sur le sumukha, un soin très complet d'environ 1 h 15 conçu pour retrouver la beauté naturelle du visage et favoriser l'apaisement de l'esprit.


Pour l'Āyurveda, la beauté du visage n'est pas uniquement liée à celle de la peau, elle est aussi le reflet d'un être plein de vitalité et d'un esprit clair et apaisé.
C'est pourquoi le sumukha (littéralement 
« 
beau visage » en sanskrit) travaille principalement à augmenter l'énergie vitale (prāṇa), rétablir l'équilibre dans le système nerveux, et clarifier et apaiser l'esprit.
Pour ce faire, il réunit non seulement des soins esthétiques du visage (gharṣaṇa, sudation, massage, nettoyage, masque, hydratation), mais également un massage relaxant du dos, du torse, des mains et des pieds, et une stimulation des points subtils (marman) du cou, du visage et du crâne.
Ce soin, qui offre une relaxation profonde, convient à toutes et à tous, quels que soient votre constitution (prakṛti) ou vos déséquilibres (vikṛti).
Le masque ainsi que les lotions nettoyante et hydratante sont réalisés par mes soins le jour ou la veille de votre rendez-vous à partir d'ingrédients naturels.
 


Jusqu'au 31 décembre, profitez d'une réduction de 10 € sur le sumukha.

Toutes les infos sur : www.pundarika-ayurveda.fr