samedi 16 janvier 2016

Remèdes simples pour maux hivernaux

L'hiver est la saison des rhumes, bronchites, sinusites et autres problèmes du système respiratoire. Voici deux soins très simples à s'administrer soi-même à la maison pour se débarrasser de ces petits désagréments hivernaux.

Inhalation au chou


Ce soin est bénéfique en cas de rhume, bronchite, asthme, sinusite et problèmes de gorge. En effet, la vapeur permet d'aider à dilater les conduits obstrués, tandis que le chou a une action asséchante, purifiante et expectorante. Il doit être administré 2 fois par jour pendant 7 jours.

Procédure
Mettez de l'eau à chauffer dans une casserole de taille moyenne. Pendant que l'eau chauffe, prenez un chou vert ou blanc, découpez-en un morceau d'environ 100 à 150 grammes et râpez-le. Une fois que l'eau bout, ajoutez-y le chou hors du feu. Attendez 2 ou 3 minutes puis penchez-vous au-dessus de la casserole, les yeux fermés, avec une serviette sur la tête pour éviter que la vapeur ne se disperse, et inhalez la vapeur pendant au moins 10 minutes, de la façon suivante  : inspirez par le nez, expirez par la bouche, puis inspirez par la bouche et expirez par le nez, etc.

Variation
Ce soin est aussi bénéfique pour les problèmes dentaires ou gingivaux. Dans ce cas, il est recommandé d'inspirer et expirer uniquement par la bouche.

Fumigation au curcuma


Ce soin est très bénéfique en cas d'asthme, de rhume et de sinusite. Il est conseillé de le faire juste avant d'aller se coucher.

Procédure
Dans une poêle, faites chauffer à sec de la poudre de curcuma (environ une cuillerée à soupe) et inhalez la fumée qui s'en dégage, en prenant soin de garder les yeux fermés. Veillez à baisser le feu au bout d'un moment et à remuer de temps en temps pour éviter que le curcuma ne brûle. Continuez pendant environ 5 minutes.

samedi 9 janvier 2016

La yoga-thérapie

Fraîchement diplômé de l'institut Yoga Vidya Gurukul de Nasik (Maharashtra, Inde), je serai en mesure de vous proposer dès le début de l'année 2016 des séances individuelles de yoga-thérapie. Je vous propose de découvrir, en quelques lignes, cette discipline encore peu connue en France et complémentaire des thérapies ayurvédiques.

La yoga-thérapie est l'utilisation des différentes pratiques offertes par le yoga à des fins thérapeutiques. À l'origine, ces pratiques n'ont pas été créées dans le but de soigner des maladies mais plutôt pour permettre à celui qui s'engageait sur la voie spirituelle de se maintenir en bonne santé et d'acquérir la force, l'énergie, la souplesse et la stabilité nécessaires aux pratiques spirituelles les plus élevées. La notion de santé n'était donc pas exclue, même si l'on peut dire que l'aspect curatif n'était a priori pas recherché. La yoga-thérapie est donc une discipline assez récente qui a commencé à se développer dans les années 1920 grâce aux recherches du centre Kaivalyadhama à Lonavla dans le Maharashtra.

Le yoga peut traiter ou aider à traiter de nombreux problèmes de santé tels que l'hypertension artérielle, les problèmes cardiaques, le diabète, les problèmes de dos, les douleurs articulaires, les désordres digestifs (hyperacidité, constipation, colite...), les troubles du système respiratoire (asthme, rhumes, bronchites, sinusites), les problèmes de thyroïde, l'obésité, les problèmes gynécologiques, le stress, la dépression ou l'anxiété. En fonction du problème et de son état d'avancement, la yoga-thérapie pourra être utilisée seule ou conjointement à d'autres thérapies telles que la médecine allopathique, l'Ayurveda, l'homéopathie, la naturopathie, etc. N'ayant pas de méthode diagnostique propre, la yoga-thérapie est de toute façon tributaire d'autres systèmes de santé, et le praticien en yoga-thérapie n'entend pas se substituer au médecin. En outre, il est également important de comprendre que, tout comme l'Ayurveda, la yoga-thérapie travaille plutôt sur le long terme et n'a pas de traitement d'urgence. Ainsi, en cas d'infection, il est grandement recommandé de consulter sans tarder un médecin allopathique. Enfin, dans certains cas, la yoga-thérapie n'a tout simplement pas de traitement à offrir. C'est le cas par exemple des problèmes physiques comme les fractures, d'affections qui, comme l'appendicite, nécessitent une intervention chirurgicale, de maladies comme le diabète juvénile ou des stades avancés de certaines maladies (par exemple, le yoga est très bénéfique dans les premiers stades de la spondylose mais il n'est d'aucun secours quand le patient ne peut plus du tout bouger son dos ou son cou). Cela dit, dans la plupart des cas où le yoga n'est pas capable de soigner directement la maladie, il peut malgré tout jouer un rôle dans le processus de guérison dans la mesure où il peut aider à se rétablir plus rapidement, à augmenter l'efficacité des médicaments, à renforcer le système immunitaire et à réduire le stress (lequel serait responsable, selon certaines études scientifiques, de 95  % des problèmes de santé).

Les séances de yoga-thérapie sont des cours de yoga particuliers durant lesquels le praticien en yoga-thérapie apprend à son élève les techniques qui lui sont bénéfiques. Pendant la première séance, tous les problèmes de santé de l'élève sont minutieusement passés en revue, et sa force et sa souplesse sont évaluées, afin de permettre au praticien d'élaborer un programme sur mesure. Puis, petit à petit, dans les séances suivantes, différentes techniques seront enseignées, lesquelles devront être incorporées dans un programme personnel quotidien. En effet, la yoga-thérapie n'est vraiment efficace que si l'élève est prêt à inclure le yoga dans sa routine quotidienne et à y consacrer au moins 30 à 60 minutes par jour. Je suis bien conscient que cela risque d'effrayer certains d'entre vous. Mais ne croyez-vous pas que la médecine moderne nous a trop longtemps fait croire, à tort, qu'elle pouvait venir à bout de toutes les maladies grâce à la chimie et que la santé était avant tout une affaire de professionnels  ? Ce faisant, elle a eu tendance à nous déresponsabiliser et à nous faire oublier que la santé est un bien que chacun se doit en premier lieu de cultiver pour lui-même, ce qui ne se fait pas sans un minimum d'efforts...

En Occident, l'image que l'on a du yoga est bien souvent celle de postures compliquées, inaccessibles à la plupart d'entre nous. Combien de personnes se disent que le yoga n'est pas pour elles car elles ne sont pas assez souples... C'est en fait tout le contraire  ! Le yoga permet, entre autres choses, d'assouplir et de fortifier le corps. Si vous avez été à un cours de yoga et que vous ne vous êtes pas senti(e) à votre place, c'est tout simplement que ce cours ou ce professeur n'est pas fait pour vous, mais pas le yoga en général. Il existe beaucoup d'écoles et de façons différentes de faire du yoga, à vous de trouver celle qui vous convient  ! Les cours collectifs étant la plupart du temps fait pour des personnes plutôt en bonne santé, il vous faudra probablement opter pour des cours particuliers (si possible avec un professeur qui a été formé en yoga-thérapie) si vos mouvements ou votre force physique sont très limités. En outre, il faut savoir que bon nombre d'exercices et de postures simples à réaliser sont très bénéfiques et que, de toute façon, le yoga a bien plus à offrir que les seules postures (āsana)  : le prāṇāyāma (techniques de contrôle du souffle), les mudrā (gestes symboliques), les bandha (verrous énergétiques), les ṣaṭkarman (nettoyages internes) la récitation de mantra, la yoganidrā (sommeil yogique) et la méditation sont autant de techniques qui contribuent à retrouver et maintenir son équilibre aussi bien physique que mental.

Bonne année


samedi 28 novembre 2015

Comprendre l'Āyurveda : le processus de développement des maladies selon l'Āyurveda

L'Āyurveda décrit six stades de développement de tout processus pathologique  :
  
  1. Accumulation (sañcaya) : c'est une phase silencieuse, sans symptômes extérieurs, qui se caractérise par une augmentation d'un (ou de plusieurs) doṣa en son (leur) site(s) propre(s).
  2. Aggravation (prakopa) : le doṣa en excès s'accumule au point de provoquer des symptômes eux-mêmes déclenchés ou aggravés par les conditions climatiques, les erreurs alimentaires ou de rythme de vie.
  3. Dissémination (prasara) : le doṣa en excès diffuse en dehors de ses localisations propres et se propage dans tout l'organisme, perturbant les autres doṣa et les dhātu. Les symptômes sont alors plus généraux.
  4. Localisation (sthāna saṁśraya) : le doṣa errant va se fixer sur les zones de faiblesse de l'organisme, là où se trouvent des dépôts d'ama, et provoquer, à ce stade, les prodromes d'une maladie spécifique.
  5. Manifestation (vyakti) : à ce stade, une maladie spécifique aux symptômes déterminés est exprimée.
  6. Complication (bheda) : la poursuite de l'augmentation du doṣa vicié provoque alors les complications de la maladie spécifique déclenchée.

Bien évidemment, plus le problème est pris tôt et plus il est facile à traiter. Tandis que la médecine occidentale ne commence à s'alarmer et fournir des remèdes au mieux qu'au quatrième stade, et le plus souvent qu'au cinquième, l'Āyurveda est capable de déceler le déséquilibre dès le premier ou le deuxième stade, et de proposer des solutions pour rétablir l'équilibre des doṣa et ainsi empêcher la maladie de se déclarer.

lundi 6 juillet 2015

Venue du Docteur Milind Sathe en août

J'aurai le plaisir de recevoir en août le Docteur Milind Sathe, médecin ayurvédique à Pune en Inde, qui collabore depuis plusieurs années avec des praticiens en Allemagne. Il proposera pour la première fois en France des consultations individuelles pendant lesquelles il pourra vous faire profiter à la fois de sa profonde connaissance de la science ayurvédique (et de ses remèdes) et de son expérience auprès des patients occidentaux.

Les consultations, d'une durée d'environ 45 minutes, auront lieu en anglais, mais je serai présent pour assurer la traduction.

Dates : les 14, 15 et 16 août à partir de 19 h
Lieu : 10 rue Victor Méric - 92110 Clichy (métro Mairie de Clichy - ligne 13)
Tarif : 80 € (65 € si vous prenez rendez-vous avant le 1er août)

vendredi 5 juin 2015

Comprendre l'Āyurveda : les dhātu

Selon l’Āyurveda, le corps humain est composé de sept dhātu (de la racine sanskrite « dhā » qui signifie « soutenir »). Ces sept tissus vitaux de base sont responsables de toute la structure du corps. Ils entretiennent les fonctions des différents systèmes organiques et parties vitales du corps.
Ces dhātu forment une partie du mécanisme biologique de protection. Avec l’aide d’agni, ils sont en charge du mécanisme immunitaire. Lorsqu’un dhātu est défectueux, il affecte le dhātu suivant, chacun recevant sa nourriture du dhātu précédent.

Voici les sept dhātu dans leur ordre successif :
  1. Rasa (plasma ou chyle) : il contient les nutriments de la nourriture digérée et nourrit tous les tissus, organes et systèmes.
  2. Rakta (sang) : il gouverne l’oxygénation de tous les tissus et organes vitaux pour maintenir la vie.
  3. Māṁsa (muscles) : il couvre les organes vitaux, engendre le mouvement des articulations et maintient la force physique.
  4. Medas (graisses) : il maintient la lubrification et l’onctuosité de tous les tissus.
  5. Asthi (os) : il maintient la structure physique du corps.
  6. Majjā (moelle et nerfs) : il remplit les espaces osseux et transporte les impulsions motrices et sensorielles.
  7. Śukra (tissu reproducteur) : il est responsable de la reproduction.
Les sept dhātu sont appréhendés comme un ordre naturel et biologique de manifestation. L’après-digestion de la nourriture, appelée āhāra rasa (de āhāra, la « nourriture » et rasa, le « suc ») ou plasma nutritif, contient l’alimentation de tous les tissus. Ce « plasma nutritif » est transformé avec l’aide de la chaleur, appelée dhātvagni, dans chaque dhātu afin de le former et de produire la nourriture nécessaire au dhātu suivant (il existe ainsi sept dhātvagni, un pour chaque dhātu : rasāgni, raktāgni…). Rasa est transformé en rakta, qui se manifeste ensuite en māṁsa, etc.
Les dhātu sont nourris et formés de façon à maintenir les fonctions physiologiques normales des différents tissus, organes et systèmes.
Lors de sa formation sous l'action de son dhātvagni spécifique, chacun des sept dhātu produit un ou plusieurs tissu(s) secondaire(s) (upadhātu) et des déchets (mala). Il est également relié à un organe spécifique et à un doṣa. Tout cela est présenté dans le tableau suivant.



Ojas


À la fin de ce processus de métabolisation des dhātu, il reste encore une substance très subtile appelée ojas. Il s'agit d'une forme supérieure et bénéfique de kapha. Ojas est considéré comme l'élixir de vie, l'essence de tous les tissus. Il est le principal facteur d'endurance et d'immunité physique et mentale. Selon l'un des principaux traités d'Āyurveda, la Caraka Saṁhitā, huit gouttes d'une forme particulière d'ojas sont présentes dans le cœur de chaque être humain dès sa naissance et correspondent à son immunité primordiale.

Afin qu'ojas soit produit en quantité suffisante, il est donc indispensable d'avoir une alimentation de qualité (et notamment d'ingérer une nourriture sāttvique et nutritive) et un feu digestif équilibré (samāgni). Certaines plantes ayurvédiques comme l'āmalakī (Emblica officinalis) ou l'aśvagandhā (Withania somnifera) permettent aussi de produire de l'ojas. Enfin, le contrôle de l'énergie sexuelle (brahmacarya : réduction de l'activité sexuelle ou rapports sexuels sans éjaculation), le contrôle des sens (pratyāhāra : réduction de l'énergie perdue dans les plaisirs sensoriels, en particulier par les yeux et les oreilles, grâce notamment, quand cela est possible, au contrôle de la qualité des impressions sensorielles qui nous parviennent), la dévotion (bhakti yoga : orientation vers l'intérieur de notre énergie émotionnelle à travers l'amour de Dieu) et la méditation (conscience sans pensée) sont également des grands facteurs de développement d'ojas.

samedi 23 mai 2015

Cuisine et santé : Rava laddu

Les laddus (ou laddoos) sont des gourmandises en forme de boule très prisées dans tout le sous-continent indien. Il en existe une une très grande variété. La version que je vous propose est faite avec du rava, une semoule très fine très populaire en Inde. Elle m'a été transmise par Sumaija Asghar, une spécialiste de la cuisine du Malabar.

Comme ils sont assez riches en sucre et en graisse, les rava laddus conviennent mieux aux personnes vāta (ou pitta) qu'aux personnes kapha, et sont de toute façon à consommer sans excès.

Ingrédients

  • 1 tasse de semoule de blé fine
  • 1/3 de tasse de noix de coco râpée (fraîche si possible)
  • 1/4 de tasse de ghee
  • 3/4 de tasse de sucre de canne roux (jaggery, si possible)
  • 2 cuillerées à soupe de noix de cajou entières ou grossièrement concassées
  • 1 cuillerée à café de raisins secs
  • 1/2 de cuillerée à café de cardamome en poudre

Préparation


Faire chauffer une cuillerée à soupe de ghee à feu moyen dans une casserole. Faire revenir les noix de cajou pendant environ 2 minutes jusqu'à ce qu'elles soient bien dorée, puis ajouter les raisins secs et faire revenir le tout pendant une minute, jusqu'à ce que les raisins secs gonflent. Déposer les noix de cajou et les raisins secs dans un bol et réserver.

Ajouter le restant de ghee, et quand il est chaud, verser la semoule et la faire revenir pendant environ 6 à 7 minutes, jusqu'à ce qu'elle change légèrement de couleur. Veiller à bien remuer sans s'arrêter afin que la semoule colore de façon uniforme. Ajouter la noix de coco râpée et faire revenir pendant encore 2 minutes sans cesser de remuer. Ajouter les noix de cajou, les raisins secs, la cardamome et le sucre, bien remuer, puis éteindre le feu. Ajouter environ 2 cuillerées à soupe d'eau chaude* et bien remuer.

Laisser le tout refroidir légèrement. Pour chaque laddu, prélever l'équivalent d'une cuillerée à soupe et demie de préparation et la faire rouler entre ses mains de manière à former une boule un peu plus petite qu'une balle de tennis. Vous pourrez ainsi réaliser environ 14 pièces.

Attendre au moins une heure avant de servir.
Les laddus peuvent se garder dans un récipient hermétique pendant environ 10 jours.

* La quantité exacte d'eau est à évaluer en fonction de la consistance de la préparation, qui, si elle est trop sèche ou trop humide, sera difficile voire impossible à modeler. Il est donc préférable d'ajouter l'eau petit à petit et de faire des essais avant qu'il y en ait trop et que la pâte devienne collante. Ne vous inquiétez pas malgré tout si cela arrive, vos laddus seront très bons, mais ils auront simplement une fâcheuse tendance à s'affaisser...